Le refuge des ombres (2026)
Thriller d’ambiance, 248 pages.

Résumé détaillé :
Début XIXe siècle au pays du Mont Blanc, un petit village isolé mène une vie paisible où tout le monde se connaît. Lorsque les villageois apprennent que Pierre Blanc-Gonnet, personnage asocial notoire, recueille chez lui des enfants et que d’étranges inscriptions sont découvertes sur sa propriété, le sort de cet éleveur est scellé.
Une trentaine d’années plus tard, son neveu Eugène hérite de son domaine et découvre la vie atypique du milieu montagnard, dont il ne connaît ni ses traditions immuables ni ses superstitions tenaces. Eugène est surtout confronté à une succession de phénomènes inexplicables de plus en plus troublants, qui l’amènent à s’interroger sur la malédiction qui semble peser sur ce village et le rôle qu’a réellement joué son oncle dans celle-ci.
Le piège se resserre peu à peu autour de lui. Serait-il lié à une vérité trop douloureuse pour être révélée ?
Explications supplémentaires :
Ce roman plonge dans le folklore savoyard du XIXe siècle, baigné par les paysages de la montagne alpine. Il immerge le lecteur dans un voyage intrigant où le surnaturel côtoie les murmures de la nuit, entre la flamme d’une bougie et d’anciens symboles ésotériques perdus dans les forêts de sapin.
Thriller à connotation psychologique et sombre, qui offre la part belle à la nature et au mystère, l’ouvrage se termine par une fin rocambolesque, comme je les aime, dévoilant toute la profondeur du récit.
J’y développe également une réflexion sur la mémoire des hommes à travers une approche de la sociologie montagnarde.
La montagne est mystérieuse, tout comme ceux qui l’habitent, mais elle est aussi un refuge pour les ombres qui l’ont foulée et la fouleront encore longtemps !
Chroniques :
Commentaires de lecteurs :
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Extrait choisi de l’ouvrage :
Eugène reconnut aussitôt le glacier : il l’avait rejoint sans avoir cherché à l’atteindre et il n’avait maintenant d’autre solution que de le traverser.
Il s’immobilisa un instant, épris d’un sentiment quasi religieux qu’il ne s’expliquait pas.
Après tout, ce n’était qu’une grosse couche de glace et il n’y avait aucune raison de la craindre !
Il tenta de découvrir un chemin praticable dans cet univers chaotique, tandis que des nuages sombres s’étaient rassemblés au-dessus de lui et alertaient d’une pluie inopportune. Le grondement se fit plus puissant et Eugène aperçut des éclairs zébrer le ciel.
En des circonstances différentes, il aurait trouvé le spectacle magnifique, mais il ne fallait pas perdre de temps ou la surface froide sur laquelle il avançait précautionneusement deviendrait une vraie patinoire !
Alors qu’il s’efforçait de descendre une pente plus abrupte que les autres, un des éclairs vint frapper un arbre à une centaine de mètres seulement derrière lui. Le promeneur vit le sapin s’embraser aussitôt, avant de se briser sur la glace, à ses pieds, dans une pluie d’étincelles. D’autres suivirent dans la foulée, forçant Eugène à reculer : une barrière de feu s’était levée et lui interdisait dorénavant tout repli.
Il fixa la scène bouche bée, conscient d’avoir assisté à quelque chose d’extraordinaire. Puis, il reprit bien vite ses esprits et se remit en route.
L’antiquaire arriva finalement en bas de la pente et découvrit un goulot assez large. Il s’avança pour s’y engouffrer et continuer ainsi sa descente, lorsqu’un autre éclair frappa la paroi de glace à une vingtaine de mètres sur sa gauche. Des morceaux énormes vinrent s’effondrer plus bas, obstruant le corridor qu’il envisageait d’emprunter.
Ses yeux effrayés sondèrent les environs à la recherche d’un nouveau passage, qu’ils finirent par apercevoir derrière un petit mur gelé. La galerie n’était pas bien large. Mais, en s’abaissant, il arriverait sûrement à s’y déplacer.
De toute façon, il n’avait plus le choix : le chenal qui l’avait amené ici était lui aussi occupé à présent par de gros blocs de glace !
Après une centaine de mètres à serpenter dans ce couloir sombre et froid, Eugène parvint malheureusement au bout du parcours : le goulot terminait dans une cuvette étroite dont les parois s’élevaient bien trop haut pour qu’il puisse les escalader.
Il sonda ces miroirs bleutés sur lesquels il apercevait son reflet déformé jusqu’au désespoir et son cœur se mit à battre de plus belle.
Il se rappelait avec peine que Marie lui avait conseillé de ne pas approcher ce glacier.
Il ferma les yeux et essaya de se calmer.
Le silence s’empara brusquement des lieux, comme si l’orage s’était arrêté.
Le citadin ignorait si cela était ou non de bon augure, mais il remarqua bientôt devant lui une nouvelle ouverture, fine et lovée dans un renforcement.
Elle semblait être apparue là comme par magie et déboucher sur un passage assez large pour être emprunté.
Il s’y introduisit sans tarder.
Il dut pour cela enlever son sac, qu’il plaça entre ses jambes, et se contorsionner au maximum. Il entra et progressa ainsi sur quelques mètres, difficilement et lentement, avant de se retrouver dans une galerie un peu plus grande.
À chaque mètre de plus, il redoutait de se faire écraser par la puissante mâchoire du monstre, dont il entendait à présent clairement la respiration.
De l’eau coulait jusqu’au sol dans un cliquetis régulier ; le craquement de la glace résonnait de manière angoissante et une haleine déplaisante lui gelait le visage.
Il osait à peine poser les mains sur les parois. Mais, quand il y était contraint, il pouvait ressentir la piqûre du froid qui se répandait dans tout son corps.
Il distinguait autour de lui son reflet qui s’amusait à ses dépens, se dérobant à son regard lorsque ce dernier se montrait trop insistant.
Puis, des voix résonnèrent.
Il crut d’abord qu’elles étaient dans sa tête, mais ces chuchotements d’enfants se propageaient toujours plus fort et l’incitaient à avancer dans ce tunnel gelé.
